William Connolly et l’ontologie du devenir

Un des noms pour la constellation théorique qui m’intéresse me vient d’Andrew Pickering, le philosophe et sociologue des sciences, qui parle de l’élaboration par l’intelligence collective d’une « ontologie du devenir ». J’en ai parlé dans plusieurs entrées de ce blog, par exemple ici. Je voudrais ajouter à mon catalogue des étoiles pluralistes le nom de William Connolly, le politologue américain qui élabore une théorie du pluralisme politique en dialogue avec la philosophie pluraliste et processuelle (il cite Nietzsche, William James, Bergson, Whitehead, et Deleuze) et avec la théorie de la complexity (il cite Ilya Prigogine, Stuart Kauffman, Brian Goodman, Antonio Damasio). L’expression que Connolly utilise actuellement pour décrire cette pensée pluraliste et processuelle qu’il élabore en résonance avec d’autre penseurs est « a world of becoming » (un monde du devenir). C’est le titre d’un article récent qui résume sa pensée actuelle et aussi de son nouveau livre (2011), où il développe en détail sa nouvelle synthèse. Aujourd’hui je parlerai de l’article, mais je compte par la suite discuter le livre chapitre par chapitre.

Un « monde du devenir » est « un cosmos ouvert composé  d’une multiplicité de systèmes interdépendants en mouvement de types multiples » (224). Ces systèmes interdépendants sont souvent appelés des « champs de forces » pour mieux capter leur agentivité et leur interactivité. Des exemples de ces champs de forces sont: un système économique (le capitalisme), une vie humaine, une configuration climatique, une formation géologique, une pluie de météores, etc. Ces champs de forces sont hétérogènes non seulement en termes de leur composition mais aussi par rapport à la « strate du temps » que chacun occupe.

Connolly distingue deux sortes de temps:

1)le « chrono-temps » – le temps en tant que séquence linéaire mesurée par l’horloge, sédimentée dans des « strates » interdépendantes (le temps cosmique, le temps géologique, le temps historiques, le temps d’une vie humaine, etc.)

2)la « durée – le temps en tant que devenir, le temps des « périodes de transition de phase où les réverbérations entre deux systèmes ouverts installés sur des strates différents de chrono-temps changent quelque chose profondément dans l’un au moins des deux systèmes » (225)

Le but de ce travail conceptuel est de se rendre capable d’engager « les multiples modes et degrés d’agentivité dans le monde » (223), bref d’élaborer une « politique du devenir ». (à suivre).

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s