PRATIQUER LE PHARMAKON (1): Lire c’est participer

Bernard Stiegler vient de publier PHARMACOLOGIE DU FRONT NATIONALE. Pour accompagner le livre et prolonger son propos qu’il ne suffit pas de lire son livre, il faut aussi le pratiquer, il a lancé l’initiative d’une liste de discussion en ligne pour permettre l’ouverture d’un dialogue entre les lecteurs du livre. Je pense que c’est un pas important vers une pratique plus ouverte et plus démocratique de la lecture des livres philosophiques. J’ai donc décidé de participer autant que mon otium le permet.

J’étais un peu perplexe à la décision apparente de limiter la discussion aux seules « chapitres difficiles » (« Page de discussion et foire aux questions de lecture autour des chapitres 9, 10 et 13 de Pharmacologie du Front national »).  Je trouve qu’il y a une hésitation entre une démarche participative (les lecteurs sont incités à « partager leurs pratiques de l’instrument de lecture qu’est ce livre », pXVII) et une démarche pédagogique (« Le but est d’apporter…des éclaircissements »). Néanmoins, Stiegler ajoute que ce sera aussi l’occasion de « créer une communauté de lecteurs » et d' »ouvrir de nouveaux débats ».

Pour l’instant j’ai posé deux questions, qui sont « en attente de modération »:

1) « Page 256: « organologie de l’imagination ».
Est-ce qu’il y a un fonctionnement positif ou individuant de l’imagination?
Mots clés: image, imagination, imaginaire, individuation, idéologie.
Développement: Althusser parle en termes négatifs de l’ »imaginaire », qui semble être la dimension de fausses perceptions, d’oppositions binaires,et d’unités factices (par exemple le « moi ») baséés sur la méconnaissance. Est-ce que l’imagination peut servir et l’individuation et l’exploration du réel, ou est-elle pré-destinée à sa captation par l’idéologie (par exemple dans les publicités, les clichés télévisuels, et les rôles stéréotypés de la vie quotidienne?

2) « Question: A-t-on vraiment besoin du concept d' »idéologie »?
Référence: chapitres 8, 9, 10.
Mots clés: Idéologie, science, agencement, individuation, désindividuation.
Développement: Est-ce que la critique de la bêtise, de la désindividuation, et des noo- et neuro-pouvoirs a réellement besoin du mot ou du concept d' »idéologie », sauf comme raccourci verbal? Deleuze, Lyotard, Foucault ont fait de la « critique idéologique » pendant toute leur oeuvre, y compris après 1968. Ils n’ont pas participé dans le mouvement de l’oubli de l’idéologie, mais ils ont été très critique de l’opposition binaire entre « science » et « idéologie ». Ils ont donc cherché une autre terminologie pour pouvoir mener la critique contre une autre idéologie moderne: le scientisme. Si Deleuze et Guattari disent en RHIZOME qu’il n’y a pas d’idéologie, ils disent aussi qu’il n’y a pas de « science » non plus, mais seulement des agencements. Néanmoins, les agencements ne se valent pas tous, certains sont plus individuants (ils parlent de processus de singularisation et de subjectivation) et d’autres désindividuants ».

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