AIME: COMPARATISME OU VITALISME?

On peut trouver sur mon blog beaucoup d’ébauches de comparaison de penseurs entre eux, surtout des philosophes venant de problématiques et de cercles socio-académiques très différent. Il ne faut pas voir là un jeu académique aliéné visant à extraire les penseurs de tout contexte vivant et de les comparer dans un vide abstrait. Je ne suis ni formaliste ni structuraliste ni comparatiste. J’essaie de tisser des liens pour rendre compréhensible des idées. Je me suis fait rudoyé par des Laruelliens quand j’ai argué que les textes obscurs de Laruelle à propos de la religion pouvaient être éclaircis et complétés en les rapportant aux idées de Bruno Latour. Pareil, par les Stiegleriens, lorsque je suggérais que ce que Stiegler dit sur les processus de transindividuation n’est pas sans rapport avec les recherches de Latour, et qu’une lecture de ses textes serait utile pour faire avancer leur propre problématique. Donc ma posture par défaut est très positive envers les idées de Latour. J’en ai marre, à l’age de 60 ans, de devoir me découper en petits morceaux pour communiquer avec ceux qui s’occupent d’idées qui m’intéressent, et je me suis promis que c’est fini. Voilà mon “comparatisme”. Mon nouveau slogan: like it or lump it!

J’ose penser que j’ai un problème en commun avec Bruno Latour, mais aussi avec Bernard Stiegler, et avec François Laruelle, et beaucoup d’autres (dont un des noms possibles, mais c’est insuffisant, serait “l’ontologie pluraliste”), et je me sers de ses idées pour me faire avancer et pour expliquer ce que je peux. Pour assister au colloque du projet AIME j’étais hébergé chez une amie. En rentrant le soir après une longue journée remplie de belles idées, je me suis trouvé au milieu d’un conflit entre ma copine, qui est artiste, et son fils,
qui est obsédé par la logique et la raison, et ne supporte pas la façon, à ses yeux illogique, de parler de sa mère. Il m’a convoqué en tant que juge pour dire qui “avait raison”. J’ai expliqué la différence entre REF (les chaînes de translation des sciences et MET (le mode d’existence des êtres de la psychéc et de la métamorphose), et la nécessité de ne pas juger toute situation selon un seul mode, et il était soulagé et heureux! Sa tête faisait violence à ses émotions, et j’ai pu dissoudre ce noeud. Tout ça pour dire que je ne suis pas le froid comparateur académique que certains ont voulu voir dans mes écrits.

Le livre de Deleuze qui est le plus proche à AIME, selon moi, c’est CINEMA (I et II), qui est consacré à l’élaboration d’une typologie d’images et de signes exemplifiée dans le cinéma. J’ai assisté aux séminaires de Deleuze à l’époque où il construisait sa philosophie du cinéma, et j’étais très frappé lorsqu’il a déclaré que sa typologie des images et des signes cinématiques s’appliquait tout aussi bien aux modes d’existence des gens, et qu’on pouvait comprendre quelqu’un en termes des types de signes qui figuraient dans son monde. Donc pour moi, AIME est un livre de vie, et pas une case grise dans ma grille de comparaisons.

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