Pourquoi j’aime Michel Onfray

1) Il a su tracer son propre chemin d’immanence. D’inspiration deleuzienne, il n’est tombé ni dans la répétition ni dans le rejet. Son chemin philosophique fait partie intégrante de son processus d’individuation.

2) Sa volonté de rendre la philosophie populaire. J’écoute ses cours sur France Culture depuis 12 ans avec plaisir. Je ne suis pas d’accord avec tout, mais j’approuve la ligne général de son argumentation.

3) Sa méthode, c’est une critique argumentée de l’histoire officielle de la philosophie. Ses cours, comme ses livres, contiennent beaucoup plus d’arguments que de polémiques, mais Onfray n’a jamais abandonné la tâche de démystification., c’est à dire de critique des idéologies.

4) Sa critique de l’hégémonie du concept comme abstraction coupée de la vie (ce qu’il nomme le “surconcept”), et sa confrontation des dires d’un philosophe et sa pratique. La critique du surconcept est présent dès le début de son œuvre. Elle précède et dépasse la critique proposée par Quentin Meillassoux du “corrélationisme”.

5) Sa défense d’un inconscient qui déborde les grilles interprétatives étroites des freudo-lacaniens. La psychanalyse freudienne fait encore partie de la doxa d’une grande partie de l’intelligentsia. Même Badiou et Laruelle, qui font preuve de beaucoup de sophistication conceptuelle, n’arrive pas à se libérer de ses préjugés.

6) Son élaboration d’un réalisme conséquent bien avant les balbutiements des “réalistes spéculatifs” et des “nouveau réalistes”. Onfray critique la phénoménologie et le structuralisme comme philosophies du surconcept, qui remplacent le réel avec leurs fantasmes théoriques.

7) Son empirisme élargi. Onfray parle en termes d’un champ d’expérience personnelle plus large que l’expérience filtrée et reconstruite par les dévots du surconcept. Il ouvre à un dehors de la philosophie, bien plus que ceux qui invoque le grand dehors comme miracle impossible et réel inaccessible.

8) Sa fidélité au corps, contre les transcendances. Onfray n’a jamais platonisé.

9) Onfray n’a jamais pratiqué la bifurcation de la Nature entre théorique et pratique, conceptuel et empirique, intellectuel et existentiel.

9) Sa cartographie du monde moderne. Son image du monde moderne est beaucoup plus ressemblante que celle proposée par Bruno Latour dans son ENQUÊTE SUR LES MODES D’EXISTENCE. Il partage avec Latour la critique du métalangage de la philosophie coupée de l’expérience réelle. Mais Latour limite le corps à l’expérience propre à un seul “mode” d’existence, celui des “êtres de la métamorphose”, et laisse les autres modes désincarnés.

10) Sa singularité. Ce que ses critiques académiques ne pardonnent pas, c’est souvent qu’il s’est institué lui-même philosophe, sans passer par les mêmes chemins qu’eux.

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