DISCUTER LARUELLE: diplomatie et vertus épistémiques

Rendre quiconque triste n’est pas mon intention. Le noyau rationnel de ce que j’avance dans mes écrits sur la non-philosophie concerne l’existence de conflits, de contradictions, d’incohérences, et d’antagonismes dans la pensée de François Laruelle qui ne sont pas du tout abordés dans les naissantes discussions autour de son œuvre. Ceci est un constat assez banal, et constitue le signe qu’une discussion critique de sa pensée est nécessaire.

Le noyau sociologique concerne le déni de ces incohérences, et le refus de toute discussion critique. En effet, à chaque fois que j’ai essayé de discuter de ces incohérences, à chaque fois que j’ai quitté le discours de l’adulation, les laruelleéens m’ont accueilli avec le silence, l’indifférence, la condescendance, le dédain, l’hostilité, ou le bannissement (des réseaux sociaux). Donc il y a beaucoup de tristesse de mon côté.

Étant donné que je ne connais pas François Laruelle personnellement, ni les difficultés qu’il a dû affronter pour élaborer et maintenir une pensée à ce degré de pureté, mes remarques critiques ne vise pas la personne “Laruelle”, mais plutôt une certaine persona que je crois présente dans ses textes.

Au fond, je constate chez Laruelle, et chez ses disciples, un certain décalage entre la forme de l’énonciation (aristocratique, voire solipsiste) et son contenu explicite (démocratique et pluraliste). J’en induis un manquement, au niveau de la forme, aux vertus épistémiques prônées au niveau du contenu. J’en trouve confirmation dans le comportement dialogique des divers promoteurs de la marque Laruelle.

Je pense que si je m’exprimais uniquement en français le contenu argumentatif de mes analyses serait le même, mais le ton serait plus serein et diplomate. Malheureusement, en anglais j’interviens dans un contexte où ceux mandatés de présenter la pensée de Laruelle se contentent souvent d’un style hagiographique et propriétaire, où le travail conceptuel, explicatif, et réellement pédagogique est écourté. Leur comportement face aux objections et aux critiques est loin d’être épistémiquement vertueux.

Puisque la discussion normale, démocratique est absente dans ces milieux, je m’efforce de fournir des analyses et des arguments qui peuvent être utiles pour ceux qui s’y intéressent, pour ceux qui ont des interrogations légitimes, et qui ont peur de ne pas être écouté par les experts-ès-Laruelle.

Ces experts ont déjà essayé de m’ignorer ou de me stigmatiser, ce qui m’a forcé à chercher une audience plus étendue pour mes réflexions. J’ai l’intention de rassembler mes écrits dispersés au sujet de Laruelle dans un chapitre qui figurera dans un livre futur. Dans ce cas je tenterai de faire abstraction du contexte spécifique et des circonstances particulières (et pusillanimes) qui ont accompagné mon cheminement intellectuel, et d’adoucir la forme sans rien céder sur le fond.

Bref, j’écris pour protéger mes lecteurs contre la triste tyrannie des abstractions et le jeu des dupes que certains intellectuels tentent d’imposer en vue de remplacer le débat par un consensus de façade.

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2 Responses to DISCUTER LARUELLE: diplomatie et vertus épistémiques

  1. I have not read Laruelle so I cannot say anything. But your experience is one I am very familiar with. I think it is endemic to Discourse about just about anything people take sides on.

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