INTROSPECTIONS PHILOSOPHIQUES: comment se construire après son éducation?

J’ai lancé ce blog il y a six ans et demi pour donner forme et direction à un processus continu d’auto-analyse non pas de ma vie ou de ma personnalité, mais de ma réflexion philosophique. Ce début correspondait à une période de désorientation intellectuelle qui survenait du fait que j’avais survécu aux philosophes qui ont participé, à leur insu, à la construction de mon tempérament intellectuel et de l’orientation philosophique de ma vie.

Mes « maîtres », ou plutôt mes éducateurs (au sens que Nietzsche donne à ce mot dans son essai « Schopenhauer Éducateur« ) étaient morts, et avec eux le lien entre la philosophie en tant que discipline conceptuelle et  la vie contemporaine était brisé, sans que je m’en rende compte tout de suite. La vie continuait, je continuais à penser ma vie et le monde dans des termes qui étaient tirés de ma lecture de leurs œuvres et de l’appropriation et de l’extrapolation spéculative et existentielle de leurs concepts et images.

Mes trois éducateurs les plus importants étaient Paul Feyerabend, Jean-François Lyotard, et Gilles Deleuze.

Feyerabend a révolutionné ma pensée en nommant ainsi ce qui avait été mon orientation profonde de longues années avant de découvrir que j’étais « pluraliste » (ceci à la lecture de sa critique de l’empirisme, en 1972). Feyerabend m’a aussi montré le chemin de sortie de la philosophie des sciences, où j’avais commencé à m’enfermer.

J’ai pu rencontrer Lyotard en 1980. A l’écoute de mes explications et de mes influences il m’a proposé de nommer mon projet de recherche « les pluralismes épistémologiques et ontologiques contemporains », titre que je conserve aujourd’hui pour décrire la partie académique de mes recherches. Lyotard a aussi fortement recommandé l’octroi d’une bourse pour me permettre de poursuivre mes recherches en France, ce qui a transformé mon existence irréversiblement.

Deleuze m’a apporté un accroissement de la mobilité de la pensée, cultivant la capacité de passer librement entre idées et images, sur fond d’affects à la fois corporels (intensités) et intellectuels (concepts). J’ai assisté à ses cours sur le cinéma pendant quatre ans (de 1981 à 1985), et c’est cette pédagogie de l’image pensante qui m’a marqué au-delà des analyses spécifiques et des prises de position personnelles.

Ce blog raconte et incarne un des prolongements possibles d’une éducation philosophique passionnée.

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