L’INCOMMENSURABILITÉ POREUSE: comparer l’incomparable (2)

Certainement mes hypothèses sont tout autre que celles de Badiou, sinon je serais dans la répétition de la philosophie “normale” (suivant l’analogie avec la “science normale” analysée par Thomas Kuhn). Tout mon blog est une cartographie des options prises par les philosophies qui ont rapport de près ou de loin avec le pluralisme ontologique.

C’est pas mal ce que j’ai fait sur 6 ans, et je ne vois personne qui a fait autant dans ce type de cartographie.

C’est grâce à ce travail que je peux repérer des point de fixation ou d’auto-limitation dans les divers systèmes que j’examine. La force critique de ces repérages est variable. Par exemple, je pense avoir montré qu’il y a une fragilité importante dans la conception et l’analyse badiousiennes de l’amour comme procédure de vérité.

Mon orientation n’est pas neutre. Elle est clairement affichée dans le titre de mon blog (“Agent Swarm” joue avec l’idée de “multiplicité active”) et dans son sous-titre pluraliste (“pluralisme et individuation dans un monde de devenir”).

Cette orientation pluraliste me permet d’éviter un rapport fusionnel avec les philosophies que j’étudie. Je suis ni badiousien, ni deleuzien, ni latourien, ni serresien, etc. C’est pour cette raison que je souligne que mes hypothèses sont “heuristiques” (c’est à dire qu’elles facilitent le cours de mes recherches) et que mes méta-critères sont “pragmatiques” (c’est à dire qu’ils émergent de mon enquête analytique et comparative en tant que formulations provisoires de valeurs partagées par moi-même et, en parties variables, par les systèmes que j’étudie).

A mes yeux la philosophie de Badiou est en contradiction dynamique entre un pluralisme qui est inscrit partout dans son système et un sur-codage limitatif systématisant. Pour un survol de mon approche méthodologique on peut se référer à cette conférence:, qui exprime mes conclusions en forme d’une analyse de l’évolution philosophique de Paul Feyerabend, même si moi-même je ne suis pas feyerabendien.

Sur la question de l’incommensurabilité entre des systèmes théoriques, mon point de vue est nuancée. Les incommensurabilités de principe (qu’il est très important de constater et d’explorer) dans les sciences sont souvent ignorées ou transgressées dans les faits par une commensurabilité pragmatique où on glisse facilement d’une théorie à une autre pour arriver à élaborer des hypothèses qui poussent la recherche plus loin.

C’est à dire: si on aborde deux systèmes (scientifiques, philosophiques, etc.) en bloc leur incommensurabilité est totale et absolue, mais si on cherche à participer au mouvement de la pensée il existe des porosités et des passages.

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