DESTIN vs FATALITÉ

« Destin » et « fatalité » sont souvent traités comme des quasi-synonymes, mais leur causalité (leur mode opératoire) semble différer.

Le destin relève d’une cause venant de soi, ou en affinité étroite avec le soi. Il est proche en cela à une téléologie, à une cause finale. Le point de vue est interne, subjectif, et prospectif. La modalité est déontique, ce qui devrait se passer. Il y a une dimension normative, c’est ce qui arrive de droit, de jure.

La fatalité relève d’une cause venant de l’extérieur du soi, sans affinité inhérente. Elle est du côté de la cause efficiente. Le point de vue est externe, objectif, et rétrospectif. La modalité est épistémique, ce qui devait se passer. Il y a une dimension constative, c’est ce qui arrive de fait, de facto.

Il y a une souvent une coloration négative attachée à la fatalité, car ce qui n’est pas normé ni voulu est ressenti comme injuste et/ou contraignant, comme venant d’une contre-volonté.

C’est en ce sens que Nietzsche peut parler d’amor fati, c’est-à-dire d’affirmer tout ce qui m’est arrivé comme si c’était voulu par moi. C’est la formule pour la transformation de la fatalité en destin.

En termes d’aspect lexical (malheureusement la terminologie est variable, et elle s’applique principalement aux verbes) on pourrait dire que le destin relève de l’accomplissement et que la fatalité relève de l’achèvement.

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s