BADIOU, DELEUZE, ET LA NÉGATIVITÉ (2): logique paraconsistante et synthèse disjonctive

La leçon que je peux tirer au niveau général des positions contrastées de Deleuze et de Badiou à propos du concept de la négativité c’est que la dialectique du négatif et du positif est complexe chez Badiou et encore plus compliqué chez Deleuze, mais

1) Badiou en parle, il n’est pas en déni. Par contre, Deleuze, qui recherche toujours la pensée la plus affirmative, recouvre la négativité qui est omniprésente chez lui d’un voile d’affirmationnisme.

(2) Badiou, parce qu’il reconnaît le rôle essentiel de la négation, en fait la théorie. Deleuze, parce qu’il dénie ce rôle essentiel du négatif, ne peut pas en faire la théorie (sauf en le projetant sur la « mauvaise » pensée réactive.)

Prenons un exemple: lorsque Deleuze parle de la synthèse disjonctive (encore un terme avec un préfixe négatif) il fait comme si c’était un concept seulement positif. Cependant, il relève de la logique paraconsistante, et donc d’une forme particulière de la négation, telle que Badiou en a distinguée trois (classique, intuitionniste, paraconsistante).

Le lieu canonique de la présentation logique de ce concept de synthèse disjonctive chez Deleuze se trouve dans LOGIQUE DU SENS, plus particulièrement p201 – 204. Le point qui indique le statut non-classique, paraconsistant, de la négation dans cette forme disjointe de « synthèse » se manifeste dans l’affirmation de la « divergence » et de « l’incompossibilité » des prédicats qui dans la logique classique s’excluent mutuellement.

Donc, il n’y a pas d’exclusion dure, il n’y a pas non plus de conjonction reconciliante dans un terme médian ou dans une valeur tierce (comme dans une logique intuitionniste). Il y a l’affirmation paraconsistante des prédicats disjoints dans leur divergence:

« La disjonction n’est pas du tout réduite à une conjonction, elle reste une disjonction puisqu’elle porte et continue à porter sur une divergence en tant que telle. Mais cette divergence est affirmée de sorte que le ou bien devient lui-même affirmation pure » (LOGIQUE DU SENS, page 204).

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