LA CO-INVENTION D’UNE ÉPIDÉMIE: Agamben et le réel

PROGRAMME DE RECHERCHE NON STANDARD

Le blog que vous êtes en train de lire, AGENT SWARM, est un blog de philosophiqe. Il est la matérialisation numérique d’un projet de recherche philosophique que je poursuis en ligne depuis dix ans. Le sous-titre du blog est Pluralisme et individuation dans un monde en devenir. Il est consacré à l’analyse des pluralismes épistémologiques et ontologiques dans la philosophie continentale récente et contemporaine.

Ensemble, ces indications constituent l’énoncé d’une mission philosophique, son cahier de charges conceptuel:

Investiguer et expérimenter la multiplicité et l’individuation dans un monde en devenir, dans le cadre du pluralisme épistémologique et ontologique.

Le titre du blog AGENT SWARM constitue un jeu de mots qui le situe dans le cadre décrit par cet énoncé de mission. Il peut être lu comme signifiant « LA MULTIPLICITÉ ACTIVE ».

Après dix ans de travail conceptuel intensif sur ce blog, à mes critiques et objecteurs, je peux répondre:

Avez-vous vu le projet de recherche sous-tendant mes publications? Où, selon vous, est-ce que je m’écarte de cette mission? Qui d’autre voyez-vous qui discute ces penseurs à partir de ce point de vue? Interrogez-vous la personne que vous pensez que je suis – ou la mission, le projet de recherche et ses articles?

Ce n’est pas une mission simple, elle n’est pas très démagogique ou médiatique, elle est assez exigeante, pour moi et pour mes lecteurs.

LA SUFFISANCE PHILOSOPHIQUE D’AGAMBEN

Avec mon travail sur les articles récents d’Agamben sur l’épidémie, je suis dans le cahier de charges de cette mission. Le principal mouvement de l’argument avancé dans mes articles précédents sur son positionnement intellectuel face à l’épidémie de Covid-19 est de fournir une analyse de la suffisance philosophique d’Agamben dans ses dimensions et conceptuelle et éthique.

Je ne peux pas croire qu’Agamben se soit simplement trompé sur la nocivité, la vitesse de propagation et la surmortalité conséquente de ce nouveau coronavirus. Je ne peux pas croire que c’est simplement son attachement à son propre paradigme et à son pouvoir explicatif qui a induit son biais cognitif et éthique, voire son aveuglement, systématique. Il semble y avoir dans ses interventions à la fois une malhonnêteté intellectuelle et un manque de compassion, au service d’un agenda inconnu.

L’AGENDA INCONNU D’AGAMBEN

Je suis également clair sur ce qui dépasse ma compétence (jusqu’à ce que je trouve un moyen de le connecter à mon programme de recherche).

Par exemple, je peux dire que les articles d’Agamben sur l’épidémie de Covi-19 le situent pleinement dans l’époque de la post-vérité et de la Trumpocène, mais je ne vais pas plus loin.

Il y a un agenda implicite dans ces interventions qui m’échappe. L’insistance d’Agamben sur les mêmes erreurs et son insensibilité totale aux réponses, pour la plupart polies, qui ont été apportées à ses précédentes contributions suggèrent son emploi d’une stratégie de provocation délibérée. À quelle fin? Cui bono?

L’ARGUMENT JUSQU’À PRÉSENT

À chaque étape, l’analyse s’approfondit. Sous la réaction du déni de la réalité l’épidémie se trouve le choc noétique et la stupeur, que nous partageons tous. Nous ne savons pas quoi penser ni comment réagir, mais certaines personnes réagissent trop rapidement, sans réfléchir.

Sous le choc noétique et la réaction précipitée se trouve la division entre ceux qui sont le plus à l’aise dans les sciences humaines et ceux qui sont le plus à l’aise dans les sciences. Cette scission entre les deux cultures se trouve accentuée par une forme d’inertie ou de paralysie du paradigme, qui manifeste notre incapacité à étendre ou à transformer notre heuristique conceptuelle par l’invention de nouveaux concepts.

Cette paralysie conceptuelle est enracinée par les succès explicatifs que notre pensée paradigmatique a remportés jusqu’à présent. Nous restons donc aveugles aux concepts et aux idées apportés par le paradigme de l’autre. Cet autre pensée ne peut être, à nos yeux, qu’un vieux réductionnisme recyclé pour fonder une nouvelle religion.

La sortie de l’impasse de cette façon de penser passe par un saut logique qui nous fait sortir de notre attachement dogmatique à nos récits privilégiés et penser hors de nos paradigmes unilatéraux. Nous n’avons pas besoin de changer tant notre contenu que notre grammaire même de la pensée.

Dans notre pensée habituelle (doxa), nous sommes tous dé-conceptés, dé-noétisés car nos concepts autrefois vivants sont devenus des réactions automatiques, des clichés. Le saut que nous devons faire n’est pas seulement éthique mais aussi logique.

PENSER, C’EST BIFURQUER

Michel Serres nous a appris que la pensée ne trouve pas dans le domaine de la répétition d’un paradigme. Penser c’est inventer, bifurquer. Le réel aussi s’invente, il se construit avec et dans la bifurcation. Agamben parle de « l’invention d’une épidémie », mais il feint d’ignorer que le réel aussi est invention. Le virus est d’abord une invention du réel, et l’épidémie est une invention seconde, produit de notre collaboration en tant que société ancrée dans l’Anthropocène avec le virus.

 

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