DÉ-CATÉGORISER BADIOU: l’amour par d’autres noms

Le générique, ce sont des multiplicités soustraites à tout prédicat, qu’aucun trait commun ne rassemblent. Il avère l’être d’une vérité soustraite aux savoirs, qui sont constitués par une nombre fini de prédicats.

Empiriquement la généricité est une question de degré. Par exemple le “prolétariat” n’est pas un ensemble absolument générique, comme dans la définition mathématique donnée par Badiou. Il est seulement plus générique que ses rivaux, aussi générique que possible.

Dans les termes de Logiques des mondes le prolétariat est par définition ce dont le degré d’existence ou d’apparition est au minimum. Le “prolétariat” telle qu’on le connaît n’est qu’une figure de l’absoluité de l’être sans prédicats. Dès son apparition dans le texte de Marx comme nom de l’être générique de l’homme il est affublé de prédicats, et son degré d’existence monte. 

Donc aujourd’hui peut discuter de l’adéquation de ce nom pour désigner cette absoluité.

Il n’y a pas de nom absolu pour désigner une multiplicité générique. Tout nom particulier devient très vite associé à une multiplicité prédicative dont le degré d’apparition sera supérieur au minimum.

Dans ses séminaires récents Badiou argue que l’histoire empirique du nom “prolétariat” l’a rendu moins générique et plus prédicatif, et donc de plus en plus caduc pour nommer l’idée de  l’émancipation. Dans mon billet précédent sur la catégorisation de l’amour chez Badiou j’applique le même raisonnement au terme “amour”.

D’un point de vue laruelléen on pourrait dire que je “dé-suffisantise” le terme. Ceci me permet de poser des questions telles que:

Pourquoi est-ce que la procédure de vérité qui inclut l’amour s’appelle “l’amour”. Ceci ne va pas de soi, puisque la procédure qui correspond à la science s’appelle “mathème”..

Pourquoi est-ce que “l’amour” comme procédure de vérité inclut la psychanalyse mais non pas la religion?

Pourquoi est-ce que “l’amour” est une affaire du “Deux” et non pas des multiplicités et des métamorphoses?

Pourquoi est-ce que la psychanalyse est réduite au lacanisme, un système discrédité de la au service de la normalisation patriarcale?

Tout ce que je fais c’est dé-catégoriser provisoirement divers termes théoriques pour voir si ils ont été  catégorisés de façon adéquate ou si on peut les ré-catégoriser autrement.

Ce type d’analyse ne devrait pas être déroutant ni inquiétant,  mais constitue une partie ordinaire de la pratique philosophique.

 

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